Je reste assez partagé. C’est le premier long-métrage de Pasolini, on sent donc l’importance historique et cette volonté de filmer la réalité brute des banlieues romaines des années 60. L’esthétique est très dépouillée, presque documentaire, et le choix d’acteurs non professionnels apporte une authenticité certaine. On est loin de l'Italie glamour, plongé dans une misère sociale sans fard.
Pourtant, le film a vieilli. Le rythme est pesant et l’errance d’Accattone finit par devenir lassante. Le personnage principal est un souteneur assez antipathique et, malgré sa rencontre avec Stella, j'ai eu du mal à m'attacher à son sort. C'est une tragédie très sombre, mais le récit manque de dynamisme et se répète un peu. La mise en scène est intéressante, notamment le décalage entre la musique sacrée et la pauvreté ambiante, mais l'ennui pointe souvent le bout de son nez. C'est une curiosité cinématographique majeure, mais l'expérience de visionnage reste laborieuse.