C'est toujours une expérience assez déstabilisante. Sorti en 1972, ce long-métrage de John Boorman reste une œuvre marquante du cinéma de survie, mettant en scène quatre citadins confrontés à une nature sauvage et hostile lors d'une descente en canoë.
L'un des points forts est sans conteste la tension psychologique qui monte progressivement. La célèbre scène du duel musical au début installe une ambiance étrange qui ne nous quitte plus. La réalisation est brute, sans fioritures, et capte parfaitement l'oppression de cette rivière isolée. On sent vraiment le basculement du divertissement entre amis vers un cauchemar pur et simple où les instincts primaires reprennent le dessus.
Cependant, le film accuse parfois son âge dans son rythme. Certains passages en forêt traînent en longueur et l'évolution de certains personnages manque un peu de nuances par moments. Si le message sur la confrontation entre civilisation et sauvagerie est clair, la noirceur absolue du récit peut rendre le visionnage assez éprouvant, voire difficile à apprécier pleinement au second degré.
C'est un film culte, techniquement très solide et porté par des acteurs convaincants, mais son côté viscéral et sa lenteur font que je ne le mettrais pas dans ma liste de favoris absolus. C'est marquant, mais pas forcément plaisant.